Dans le clip " Je te rends ton amour ", ce sont les liaisons entre les symboles du Christianisme qui choquent.
En fait, deux idées dérangent, celle d'une relation sexuelle au sein d'une église et celle d'un démon aux troublants pouvoirs dans un tel lieu. L'ambiguïté du démon en prêtre, tel un prêtre démoniaque, dès lors que les apparences sont trompeuses.
Le bien n'est ici qu'une représentation passive : un bénitier, un ange, un Christ immobile. Le mal est à l'intérieur, unique, suprême, investi.
Le clip est donc à la hauteur de ses personnages : troublant, inquiétant, dérangeant.
M'extraire du cadre [En ne voyant qu'une optique religieuse pour cette première explication, que pourrait représenter ce cadre: celui de la vie religieuse? Catholique en particulier, Mylène se sentant juive comme elle le dit souvent? S'extraire du cadre d'une vie spirituelle trop oppressante ou pas assez? Ne pas faire comme les autres, rébellion spirituelle?]
Ma vie suspendue, je rêvais mieux [C'est idiot, mais en pensant à cette chanson de manière religieuse, le coup de "la vie suspendue je rêvais mieux" me fait penser au Christ accroché sur sa croix éternelle et suspendu dans les maisons et les églises... On peut alors se dire que Dieu ou Jésus pouvait espérer mieux que ce type de vénération. Mylène se comparerait-elle à un crucifix de fortune? Veut-elle se consacrer à une Destinée autrement plus étincelante? L'ennui serait-il encore cette maladie qui la ronge de chanson en chanson?]
Je voyais l'âtre [Ce coin du feu représente-t-il l'Enfer, le goût de l'interdit? Là où tous les plaisirs sont permis? Là où l'animation existe, le Diable n'étant pas attaché sur une croix? Mais le fait d'utiliser l'imparfait veut dire qu'elle n'en fait pas ou plus partie...]
Tous ces inconnus, toi parmi eux [Les inconnus seraient alors des adeptes du diable, communiant autour de ce feu maudit. Le toi renvoie-t-il au Démon lui-même comme dans le clip, ou à une personne en particulier qu'elle reconnaît parmi tous ces adeptes?]
Toile fibre qui suinte des meurtrissures [Voilà un des vers les plus gore de Mylène, à tendance macabre qui ne veut rien dire au premier abord... Cette toile est-elle ce cadre qui l'emmure, suintant toutes ses blessures d'elle qui veut s'en aller? Toutes ses douleurs qu'elle croyait enfouies par la religion sont au contraire vivifiées...]
Tu voyais l'âme [Ce "tu" est-il le même que le "toi" de "toi parmi eux"? Est-ce Dieu qu'elle voit avec les adeptes du Démon? Les deux peuvent lire dans les âmes des croyants, car qui croit en Dieu croit au Diable. Le fait d'utiliser l'imparfait veut alors dire que Dieu voyait en elle, en son âme et savait la panser. Mais qu'il n'en est plus rien.]
Mais j'ai vu ta main choisir Gauguin [Gauguin était célèbre pour ses toiles tahitiennes amplies de chaleur... Mais il réalisa aussi l'une des toiles les plus sombres: la représentation d'un ange déchu, soit le Diable... Dieu se tourne-t-il vers le côté obscur de la force? Est-ce une trahison pour elle?]
Et je te rends ton amour [Elle décide alors de ne plus croire en ce Dieu qui la livre au Diable, elle qui est à la fois pourtant "angélique et satanique". L'amour de Dieu est le seul amour pourtant dont on ne saurait se détourner... La Bible dit qu'il aime tous les hommes, dès qu'ils naissent et même avant. Impossible alors de lui rendre un amour aussi gratuit et bon par définition. Pourtant elle n'en veut plus...]
Redeviens les contours [Elle ne veut pas d'une religion précise et établie, elle veut que cela redevienne comme une entité abstraite, indicible, floue, à redécouvrir]
Je te rends ton amour
C'est mon dernier recours [Cet amour est trop fort pour elle, elle ne peut le supporter, ou trop faible selon ses goûts... Les meurtrissures s'ouvrent de plus en plus, elle risque d'en finir]
Je te rends ton amour
Au moins pour toujours ["Au moins" signifiant "le minimum" et "toujours", "l'éternité", Mylène rend son amour à Dieu qui est éternel jusque la nuit des temps et même au-delà... Renoncement d'une rare intensité, comme un cri de douleur]
Redeviens les contours
"La Femme nue debout" [Voilà un autre passage mystérieux... "La Femme nue debout" est un titre d'une toile d'Egon Schiele (mais pas seulement, c'est un titre générique pour beaucoup de peintres représentant la même pose de modèle féminin. Ainsi, Gauguin a aussi une toile de ce nom). Là où c'est plus intéressant, c'est que Schiele peignait beaucoup de femmes rousses maigres et contorsionnées, sous l'emprise de la douleur. Mylène se parlerait-elle alors à elle-même, voulant redevenir une esquisse de douleur plutôt que possédée complètement par elle? Je pense que ce vers sera plus précis dans les prochaines interprétations]
M'extraire du cadre [Visiblement, elle y est toujours, n'est pas encore parvenue à quitter cette astreinte]
La vie étriquée d'une écorchée [Elle raconte sa propre histoire, celle d'une martyre semble-t-il: jusqu'où l'amour pour Dieu l'a-t-elle menée?]
J'ai cru la fable d'un mortel aimé [Resommes-nous devant le mythe d'Adam et Eve? Mylène serait-elle l'incarnation d'une Eve des temps modernes devant un Adam devenu "mortel aimé" (mortel car Dieu le fit homme, donc capable de souffrir et mourir, aimé car aimé à la fois par Dieu et par Eve). Elle croit être aimée à son tour.]
Tu m'as trompé [Le "tu" peut encore renvoyer soit à Dieu, soit au Diable: Dieu ne lui aurait pas avoué d'où elle provient (la côte d'Adam, sans lui elle ne serait pas) ou envers le Diable qui la poussa à croquer la pomme... Je sais que nous sommes dans des explications un peu mirobolantes, mais pourquoi pas? Pour ma part, je ne pense pas que ce texte parle d'un renoncement religieux]
Toi tu m'as laissé me compromettre [Adam qui n'a pas empêché Eve de croquer la pomme, Dieu qui ne lui a rien dit concernant ce fruit ou le Diable la conduisant à le manger et ainsi découvrir la triste vérité du monde... Autant de coupables pour la compromettre]
Je serai l'Unique [Nom d'un tableau, mais volonté aussi sans doute d'être la seule femme aimée en ce monde, mère de tous finalement]
Pour des milliers d'yeux [Serait-elle en train de narguer le Créateur? Elle lui doit tout mais veut lui voler la vedette en quelque sorte...]
Un nu de maître [Eve était nue et se couvrit en croquant la pomme se rendant compte de sa nudité. Ici, elle ne veut point se couvrir et change ainsi la face du monde, surpassant le maître, Dieu. Dieu la fit à son image, elle est son oeuvre, mais l'oeuvre se rebelle...]
Et je te rends ton amour
Au moins pour toujours [Du coup on comprend mieux le principe de l'éternité de ce vers]
Je te rends ton amour
Le mien est trop lourd [Elle avoue ainsi aimer quand même, mais que cela la pèse... On y reperçoit les vers de "Comme j'ai mal": "je te laisse parce que je t'aime"]
Je te rends ton amour
C'est plus flagrant le jour [Donc au moment où l'on découvre mieux les choses, où elles sont mises à nu]
Ses couleurs se sont diluées [L'amour de Dieu pour elle ou d'elle pour Dieu a faibli selon elle et c'est pour éviter cette décadence d'un amour qu'elle préfère fuir, s'extraire de son cadre divin et religieux]
Je reprends mon amour [Elle n'en donne plus à Dieu, elle ne veut plus de son amour et ne veut plus aimer personne]
Redeviens les contours de mon seul maître Egon Schiele" [Elle était dans le cadre idyllique de Gauguin, elle veut de la réalité: redevenir écorchée comme son âme et que Dieu la retrouve donc en Enfer en quelque sorte...]
On aurait un "e" a la fin de "trOmpé" et "laissé".....ce qui laisse penser que c'est un hOmme qui a écrit
cette chanson....peut être LAURANT BOUTONNAT???? Qui sait??